La première journée était réservée à la configuration des détendeurs, montage des wings, préparation des blocs de déco : démontage des robinetteries pour installer les cols de bouteille ainsi que les cerclages inox avec anneau D pour les fixations par mousquetons sur les wings. Confection des cerclages caoutchouc pour les détendeurs de déco, le parachute et l’octopus ainsi que les tours de cou pour les détendeurs principal/secours. Une journée bien remplie ou beaucoup de permutations de détendeurs furent essayées avant de trouver LA configuration.
Les jours suivants furent consacrés à trouver une certaine aisance avec tout ce nouveau matériel. Respect du run time (profil de descente et de remontée inscrit avant le départ suivant le type de plongée envisagé). Calcul de sa consommation pour le stock d’air à emporter en effectuant la plongée avec la règle des tiers (1/3 pour l’aller, 1/3 pour le retour et le dernier pour la sécurité). Dépose et repose des travels (blocs de déco). Travail de sortie d’une épave sans masque en respirant sur l’octopus de 2,50m d’un coéquipier. Gestion de fuite sur un des détendeurs du bloc fond. Lancer de parachute au dévidoir sous différentes profondeurs, avec retour vers la surface. Tests de narcose par de petits exercices simple à - 55m le long de la coque arrière du Roraima : soustractions, multiplications, gestuel du comptage tek.
L’après midi, sera effectuée une deuxième plongée au même endroit avec un mélange trimix 23/30 permettant d’avoir une narcose équivalente à 29 mètres. Et là, par contre, les réactions furent sans appel : « je vois l’épave en entier ! », « il y a plus de lumière ! », « je ne pensais pas être narcosé , pourtant j’ai l’habitude » dit un autre, « j’ai découvert de nouveaux endroits » dit enfin un résidant pourtant habitué à y plonger tous les samedis. La narcose existe, et pour tout le monde : même pour certains « Rambos » qui le nient. Seule, une plongée de découverte au trimix léger prouvera à ces plongeurs l’existence de celle-ci.
L’objectif final de cette formation était proche : découvrir et explorer l’épave mythique de St Pierre : le Tamaya, trois mâts barque de 49 mètres de long , coulé lui aussi par l’éruption de la Pelée en mai 1902. Épave profonde de -78m à -90m au safran, « Graal » de certains, chasse gardée pour d’autres. Les bouteilles furent préparées avec un mélange 15/50 (15% O2 et 50% He) pour une profondeur maxi de 90m permettant d’avoir une narcose équivalente à 34m (vision claire et nette garantie) pour une durée de plongée de 12 mn avec un temps au fond de 9 mn. Descente à l’air jusqu’à -40m, passage sur blocs fonds, descente, séjour au fond puis remontée et reprise de l’air à -60m puis prise de nitrox 36 (mélange suroxygéné avec 36% d’oxygène) à -33m et enfin dernier palier à -6m aux deux narguilés équipés chacun de 6 détendeurs avec 100% d’oxygène.
Trois jours ont donc été consacrés à l’exploration du Tamaya. La plongée était prévue entre 12 et 14 heures, moment où les rayons du soleil sont les plus verticaux. Embarquement de tout le matériel, silence, concentration et c’est la mise à l’eau. Trois plongées ne seront pas suffisantes pour assouvir cette soif de connaître ce bateau englouti ! Tant mieux, nous reviendrons.
Le prochain stage de formation au trimix organisé par l’école jp.plongée dans la rade de Saint Pierre aura lieu du 15 au 30 avril 2006 avec, bien sûr, la possibilité de descendre sur le Tamaya après certification. Ces plongées seront également possibles pour des plongeurs déjà trimix.
Remercions, notre hôte responsable du club Papa D’lo à St Pierre, Jacques-Yves Imbert, grand connaisseur du Tamaya pour y avoir effectué de nombreuses plongées, lui aussi plongeur trimix et recycleur, sans qui, cette formation et ces explorations n’auraient pas été possibles. Un grand merci aussi à notre ami Patrick Martial, pêcheur de St Pierre, pour ces « accrochages » sur le Tamaya.